Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /2009 21:53
Un rendez-vous intéressant, pour débattre de la crise et de ses conséquences:

Etat d'Esprit, la librairie L’Armitière et le Club de la presse de Haute-Normandie vous invitent le mercredi 18 mars à l'Armitière (88 rue Jeanne d'Arc à Rouen) de 18h à 19h30 à rencontrer:

Gilles Finchelstein et Matthieu Pigasse

Auteurs de "Le monde d'après - Une crise sans précédent"

Gilles FINCHELSTEIN est un proche conseiller de Dominique Strauss-Kahn et délégué général de la Fondation Jean-Jaurès.

Matthieu PIGASSE est vice-président de la banque Lazard, ancien élève de l'ENA.
Par LE LABO76 - Publié dans : Regards
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /2009 23:05

NB: les posts de la catégorie 'regards' sont des analyses courtes et argumentées, faites par des membres du LABO76 sur des sujets d'actualité liés aux travaux du labo (plan de relance de l'économie, inégalités de santé, environnement et énergie...). Si vous souhaitez participer au débat et envoyer vos analyses, contactez nous par email: contact@lelabo76.com

Une pétition Pour la vérité, la transparence et le respect des lois dans l’affaire François Pérol circule actuellement sur Internet. Cette affaire appelle plusieurs observations:

1- il y a un problème de déontologie c'est vrai, tout autant que lorsque Bruno Mettling a été nommé à la CNCE en venant de Bercy, pour ne prendre que cet exemple. La commission avait donné son accord, la justice a pourtant donné raison aux syndicats qui avaient attaqué pour "pantouflage".

2- mais derrière l'affaire Pérol, il y a un problème de fond, celui du rôle de l'Etat vis à vis du secteur bancaire. Quelles contreparties aux aides accordées ?

Pour ma part je m'interroge sur la pertinence des conditions de maintien de Natixis dans le groupe. Quelques éléments :

- En 2006, l'Etat avait reçu, par l'intermédiaire de la Caisse des Dépôts, 7 milliards de la Caisse Nationale des Caisses d'Epargne du fait de l'apport d'IXIS à NaTixis. Ne doit-on pas faire le bilan de cette opération ?

- Les difficultés du groupe Banque Populaire et du Groupe Caisse d'Epargne viennent en partie des difficultés du groupe Natixis (dont sa BFI) qui pompent dans les résultats des activités de banque classique des deux groupes.
Pourquoi ne pas s'interroger sur cette question au regard de la crise financière ?
Pourquoi ne pas s'interroger sur le retour dans le pôle financier public de tout ou partie des activités de Natixis ?

- Comment le nouveau groupe restera t-il ancré sur les valeurs coopératives qui sont les siennes et qui auraient besoin d'être renforcées plutôt que diluées dans la course à la rentabilité financière qu'exigent les activités sur les marchés ?

- Est ce que la course à la taille (ce serait le deuxième groupe bancaire français !) est la réponse aux difficultés du secteur bancaire ? En quoi cela répond-il aux besoins de financement de l'économie réelle ? (voir le point de vue du Président du Crédit Coopératif dans le Monde d'avant hier)


Ne pas se poser ces questions c'est prendre le risque de nouvelles difficultés pour le nouveau groupe créé (avec ou sans Perol !) sur lequel pèseront notamment les choix stratégiques de sa filiale Natixis. Et ces risques pèseront sur les salariés et les guichets de ces deux groupes ... certainement pas la meilleure manière de développer un secteur bancaire au service des besoins des particuliers, professionnels, artisants, commerçants et PME clients de ces réseaux bancaires ...


Jean Claude Branchereau
syndicaliste -secteur bancaire

Par LE LABO76 - Publié dans : Regards
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 21:03

NB: les posts de la catégorie 'regards' sont des analyses courtes et argumentées, faites par des membres du LABO76 sur des sujets d'actualité liés aux travaux du labo (plan de relance de l'économie, inégalités de santé, environnement et énergie...). Si vous souhaitez participer au débat et envoyer vos analyses, contactez nous par email: contact@lelabo76.com
           

« Docteur, C'est là que j'ai mal»
dit la vieille dame en pointant du doigt son épaule. Cette petite phrase jusqu'à présent anodine, reflet des échanges courant entre un médecin et son patient, elle pouvait être prononcée par chacun de nous, sur l'ensemble du territoire, quelque soit notre condition.


 
           Aujourd'hui, ce droit à la santé, ce droit au soin est mis à mal. De nombreux citoyens se voient l'accès aux soins refusé par un tiers ou se l'infligent à eux même. En effet, la « solidarité à la francaise » n'est plus ce qu'elle était : sous couverts d'économies, c'est dans la poche des assurés que la charge augmente : forfait hospitalier, franchises médicales, déremboursement des médicaments, dépassements d'honoraires, augmentation  des complémentaires, reste à charge divers et variés. La coupe est pleine et,  l'usager souvent recule, hesite, reporte un soin. Et même s'il est couvert par la Couverture Maladie Universelle ( moins de 806 euros par mois)ou qu'il possède les moyens d'une complémentaire ( souvent plus de 1500 euros par mois pour pouvoir la financer), cela ne garantit pas un accès car là aussi les inégalités sont grandes: les bénéficiaires de la CMU ne sont pas toujours les bienvenus dans le secteur privé; quant au medecin de secteur 1 c'est à dire conventionné et remboursé, il se fait, dans certains territoires, fort rare, laissant trop souvent la place au secteur 2 à honoraires libres donc onéreux, sous le regard absent de l'Etat « régulateur ».            Car la réalité médicale est terrible: certes, la démographie médicale donc le nombre de medecins va diminuer dans les années à venir mais c'est surtout la répartition qui est inéquitable : en un mot,  les médecins sont au sud et les besoins de santé sont au nord, sous le regard détourné de nos dirigeants.


           
Autre inégalité revelatrice de la politique menée ces dernières années: l'accès aus soins d'urgence et aux services spécialisés. Les multiples restructurations, fermetures de lits, voir d'établissements éloignent chaque jour un peu plus l'usager des structures de santé notamment, dans les zones rurales. Les conflits de Carhaix et de Lourdes sont symboliques à cet égard. Le projet de loi Bachelot appelé  Hôpital Patients Santé Territoire, discuté actuellement à l'Assemblée aurait pu se pencher sur ces aspects comme il prétend d'ailleurs le faire. Malheureusement sous couvert d'une meilleure répartition des moyens, ce projet marque avant tout l'instauration de l'Hôpital-entreprise et la Santé-comptable sous le regard libéral de notre président. Dès lors, demain, notre vieille dame aura-t-elle toujours les moyens de trouver un médecin et un étblissement de soins  à proximité pour répondre à sa préoccupation ?

Olivier MOURET, membre du LABO76

Par LE LABO76 - Publié dans : Santé
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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /2009 15:02
La prime à la casse de 1000 Euros décidée par Nicolas Sarkozy s'applique depuis le 4 décembre 2008. Le LABO76, dans son analyse des mesures gouvernementales, avait indiqué l'insuffisance de cette mesure pour résorber la crise du secteur automobile et fait des contre-propositions.

Les chiffres de janvier, rendus publics aujourd'hui, nous confortent dans notre analyse:
Voici l'article du Monde du 2 février:

Les immatriculations de voitures particulières ont baissé de 7,9 % en janvier en France sur un an à 149 385 unités, annonce, lundi 2 février, le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). A nombre de jours ouvrables comparables, les ventes de voitures neuves ont reculé de 3,5 %.

En tenant compte des ventes de véhicules utilitaires légers, les immatriculations s'inscrivent en baisse de 10,8 % le mois dernier à 178 105 unités, soit un recul de 6,6 % à nombre de jours ouvrables comparables. Les immatriculations de voitures particulières du groupe PSA Peugeot Citroën ont baissé de 11,2 % et celles du groupe Renault ont plongé de 20,9 % . Les ventes des marques françaises dans leur ensemble ont chuté de 17,1 % en janvier, alors que celles des marques étrangères ont augmenté de 0,3 %.


Parmi les marques étrangères, le groupe Fiat progresse en janvier de 15,7 %, le groupe Mercedes de 12,4 %, le groupe Ford de 5,9 %, et le groupe Volkswagen de 4,3 %. Le groupe BMW est en baisse de 21,4 %, le groupe General Motors Europe de 17,4 %, et Toyota (avec Lexus) de 8,7 %.


Article paru dans LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 02.02.09 | 12h54  
Par LE LABO76 - Publié dans : Automobile
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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /2009 01:26

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Une nouvelle fois, les banques vont bénéficier de 10,5 milliards d’aides publiques pour renforcer leurs fonds propres. La polémique sur les bonus des dirigeants cache mal le fait que ces aides ne font l’objet d’aucune contrepartie.

Lors du vote de la loi en octobre 2008, la Fédération Bancaire Française annonçait qu’ « un accroissement des fonds propres pourrait permettre d’augmenter le potentiel de financement de l’économie » (1). De fait, les crédits bancaires sont en réduction, en particulier pour les petites entreprises.

Cette situation est lourde d’incertitudes quant aux conditions de sortie de la crise économique et financière. Si rien n’est entrepris rapidement, la politique des banques jouera comme un formidable accélérateur de la crise alors qu’elle devrait, au contraire, être un des outils de la relance.

Plutôt que des déclarations sur la moralisation des rémunérations des dirigeants – même s’il s’agit d’un réel problème - ce sont des actes que nous sommes en droit d’attendre de gouvernants.

Tout d’abord, toute aide publique, garantie de l’Etat devrait permettre d’infléchir la stratégie des établissements financiers sur deux axes :

       -réduire la voilure des activités financières et la course à des rentabilités à 2 chiffres sans lien avec la croissance de l’économie réelle,

       -recentrer l’activité et l’allocation de fonds propres sur les concours à l’économie, le financement des besoins des particuliers, professionnels, entreprises, collectivités territoriales. Dans ce sens, une politique de taux préférentiels ou bonifiés est indispensable pour venir en aide aux différents acteurs économiques pour soutenir la demande et l’emploi.

 

Pour que le financement de l’économie redevienne le rôle essentiel du secteur bancaire – un secteur pas comme les autres, dès lors qu’il crée de la monnaie – il est nécessaire de fixer des règles. Il convient que le secteur bancaire soit en charge du financement de missions d’intérêt général ou de missions de service public.

De nouvelles réglementations sont indispensables pour assainir la sphère financière qui a démontré qu’elle ne pouvait s’auto-réguler.

Dans ce cadre, la présence de représentants de l’Etat au sein des Conseils d’Administration des banques bénéficiant des aides et garanties publiques relève de l’évidence.

En second lieu, et alors que 340 milliards de garanties ont été accordés par le législateur, il convient que les crédits distribués puissent l’être pour partie par un pôle financier public qui serait composé de la Banque postale, la Banque de France, la Caisse des dépôts, Oséo … sans doute Dexia

Un tel pôle financier public constituerait un outil pour le financement des besoins sociaux et environnementaux, d’aménagement du territoire … Il serait un élément déterminant pour le développement d’une politique industrielle innovante. Il pourrait être à l’initiative de partenariats avec les secteurs privés et mutualistes. Un minimum de planification par la puissance publique ne nuirait pas à l’efficacité du dispositif.

Troisièmement, il faut un contrôle public des capitaux et garanties financières mis à disposition des banques. Ce contrôle public peut être exercé par la commission des Finances de l’Assemblée Nationale au plan national mais il a besoin de s’exercer également au niveau des territoires.

Nous plaidons pour que les 340 milliards soient répartis sur le territoire et permettent de dégager des moyens pour des Fonds d’investissement régionaux.

Les conseils régionaux, les départements pourraient ainsi assurer le suivi de l’affectation de ces crédits en fonction des besoins de développement.

Enfin les salariés et citoyens sont les premiers concernés par les moyens financiers mobilisés pour satisfaire aux besoins économiques, sociaux … les comités de quartier comme les comités d’entreprise peuvent être mobilisés par une meilleure information, par leur consultation y compris au travers de droits nouveaux.

Ce qui est possible et souhaitable en France, l’est également en Europe en modifiant le rôle et les missions de la BCE, en mobilisant les moyens de la Banque Européenne d’Investissement, en mobilisant les fonds européens …


Opposer la socialisation des moyens et la démocratie, à la main invisible des marchés et à l’opacité bancaire, tels peuvent être les principes sur lesquels développer une alternative à la situation de crise actuelle.

Jean Claude Branchereau, syndicaliste, militant de Sotteville-lès-Rouen et membre du LABO76.

(1) communiqué FBF du 13 octobre 2008 intitulé « Le plan permettra d’assurer le financement de l’économie française »

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