Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /2009 23:02
NB: les posts de la catégorie 'regards' sont des analyses courtes et argumentées, faites par des membres du LABO76 sur des sujets d'actualité liés aux travaux du labo (plan de relance de l'économie, inégalités de santé, environnement et énergie...). Si vous souhaitez participer au débat et envoyer vos analyses, contactez nous par email: contact@lelabo76.com


Et si l'automobile disparaissait en 2009 ? Bien sûr, on produira et on vendra des voitures pendant encore longtemps. Mais si l'on n'agit pas vite et fort, l'année qui s'ouvre pourrait marquer le début de la fin de ce secteur pour les économies occidentales.

En Europe, les ventes de voitures neuves s'effondrent. En France, les usines s'arrêtent, les carnets de commandes se vident, les stocks enflent, les fournisseurs et sous-traitants sont exsangues. La "prime à la casse" gouvernementale, effet d'aubaine éphémère, profite aux petits modèles construits dans des pays "low cost". Les autres mesures - accès au crédit, fonds de restructuration - sont de la même veine : insuffisantes et inadaptées. Comme souvent avec l'actuel pouvoir, les effets d'annonce sont des annonces sans grands effets.

L'horreur économique et sociale impose de répondre à l'urgence et de préparer l'avenir. En se souciant de tous les acteurs de la filière, et d'abord des salariés ! Pendant la crise, le taux d'indemnisation du chômage partiel doit être relevé de 50 % à 80 %, et l'accès à cette indemnisation étendu aux salariés à temps partiel. Les périodes d'arrêt forcé, si difficiles à vivre, doivent être utilisées pour la formation individuelle qualifiante et rémunérée.

Au plan européen, un "fonds d'ajustement à la mondialisation" existe depuis 2006, doté d'un demi-milliard d'euros par an. L'Espagne a récemment obtenu dix millions d'euros pour un équipementier et ses sous-traitants. Combien de demandes la France a-t-elle déposées en 2008 ? Aucune.

La survie des PME-PMI du secteur, aujourd'hui aux abois, est vitale. Seuls les territoires qui auront conservé leur tissu de fournisseurs et distributeurs pourront rebondir. Les régions et les départements, au plus près du terrain, ont un rôle déterminant. Ils peuvent faciliter l'accès au crédit par des garanties et soulager la trésorerie par des prêts d'honneur. A condition que l'Etat les soutienne et qu'il sanctionne les donneurs d'ordres qui ne respectent pas les délais de paiement.

Pour les consommateurs aussi, il faut agir. Alors que deux voitures sur trois sont achetées à crédit, que le pouvoir d'achat des ménages modestes est en berne, les taux pratiqués par les banques comme par les filiales des constructeurs restent démesurés. En contrepartie des aides publiques perçues, celles-ci doivent s'engager à proposer des crédits à des taux bonifiés. Et à renforcer le droit à l'information en faisant figurer sur les fiches de vente la "traçabilité" des véhicules : localisation de la production, performance environnementale des modèles, financements publics s'il y en a.

 

RÉUSSIR, C'EST INVESTIR

 

Une ambition pour l'industrie automobile suppose aussi de dire la vérité : la crise a aggravé la fragilité du secteur, elle ne l'a pas créée. C'est une raison de plus de préparer l'avenir !

Face à des établissements de crédit frileux, les constructeurs sacrifient les budgets de recherche et développement pour trouver des liquidités. Or, dans l'industrie, réussir c'est investir. Quand il recapitalise des banques, l'Etat doit imposer le développement du crédit à des taux accessibles pour l'investissement productif. Le moteur hybride, la voiture électrique ou la pile à combustible ne doivent pas faire les frais du court-termisme financier.

L'innovation doit être stimulée pour réduire les émissions de CO2 et améliorer la qualité des produits. Pour démultiplier l'action des collectivités locales au plus près des entreprises, des universités, des bureaux d'études et des centres de recherche, la création de fonds régionaux d'investissement et de réindustrialisation s'impose. Dotés de moyens massifs, ciblés sur les projets innovants, écologiques et riches en emplois des PME-PMI, ils seraient le socle d'une politique industrielle refondée.

Agissons aussi sur le plan européen ! La France n'a hélas pas saisi l'opportunité de sa présidence de l'Union pour le faire, mais des pistes restent à explorer : bâtir une vraie agence de l'innovation industrielle adossée à la Banque européenne d'investissements, ou encore créer une coopération renforcée sur le brevet européen pour soutenir les PME à l'export. Entre partenaires, privilégions la coopération plutôt que le chacun-pour-soi et la régression du droit du travail.

Bien sûr, la crise impose de revoir certains dogmes. Dès lors qu'elle contribue au financement d'une entreprise, la puissance publique nationale ou locale doit disposer d'un droit de regard sur sa stratégie. La conjoncture ne saurait servir de prétexte à des licenciements de complaisance ou à des délocalisations d'activité. Ni aboutir à ce que le revenu des actionnaires soit préservé quand celui des salariés est comprimé. Encore faut-il que le politique fasse entendre sa voix, et d'abord au sein du conseil d'administration de groupes dont il est actionnaire...

Les Etats-Unis ont débloqué 25 milliards de dollars pour l'automobile. L'Europe et la France ne peuvent rester les bras ballants. N'oublions pas que, là où l'industrie disparaît, l'emploi ne repousse pas facilement.


 

Guillaume Bachelay, secrétaire national du PS à la politique industrielle, aux entreprises et aux nouvelles technologies, est maire-adjoint de Cléon, conseiller général de Caudebec les Elbeuf et membre du LABO76.

 

Par LE LABO76 - Publié dans : Regards
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 22:43
Mardi 20 Janvier Christophe BOUILLON, député de la Seine-Maritime et membre du LABO76, a interpellé le gouvernement sur l'automobile à l'occasion d'une question orale à l'Assemblée nationale.


Question au gouvernement mardi 20 janvier 2009

La question de Christophe BOUILLON appelle une réponse précise sur plusieurs points: en particulier, pourquoi la France ne fait-elle pas appel au Fonds européen dit "d'ajustement à la mondialisation", doté de 500 millions d'Euros par an, pour aider les salariés victimes des délocalisations et des restructurations de l'industrie automobile? Le gouvernement espagnol, lui, n'a pas hésité et a obtenu plus de 10 millions d'Euros en 2008 pour un équipementier automobile et ses sous-traitants.

Voici la réponse du gouvernement par la voix d'Hervé NOVELLI (ci-dessous). Il n'y a aucune ambiguïté: il ne répond en rien à la question posée par Christophe BOUILLON sur le Fonds européen. Peut-être que le gouvernement n'est pas au courant de l'existence de ce Fonds ? Pour en avoir le coeur net, le LABO76 posera la même question dans sa lettre ouverte à Nicolas SARKOZY!

M. Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services.
Monsieur Christophe Bouillon, non, le Gouvernement ne reste pas inerte face à la gravité de la crise dans l’industrie automobile. Vous le savez, depuis maintenant près d’un an, nous avons pris plusieurs mesures – vous en avez d’ailleurs cité quelques-unes – : nous avons soutenu la demande par la mise en place du bonus-malus, instauré la prime à la casse et mobilisé de près de un milliard d’euros pour faciliter le financement du crédit par les clients. Il y a eu aussi l’accord sur l’anticipation des mutations économiques, signé par Luc Châtel et Christine Lagarde au mois de juillet dernier, et l’indemnisation améliorée du chômage partiel.

Tout cela ne suffit pas, à l’évidence, car s’il y a une action ponctuelle à mener, il y a aussi une action structurelle à engager. C’est tout le sens des mesures et des propositions qui ont déjà été instillées par le Président de la République lorsqu’il a indiqué qu’il allait mettre en œuvre un plan de 400 millions d’euros pour soutenir la recherche sur les véhicules décarbonés. Je rappelle aussi la mise en place du fonds sectoriel d’investissement de 300 millions d’euros, qui a été officialisé, ce matin même, aux états généraux de l’automobile.

Des contreparties sont, bien sûr, demandées aux constructeurs : pas de fermetures d’usines, pas de délocalisations, et des services d’achat qui ne mettent pas en péril la sous-traitance. (Exclamations sur les bancs du groupe GDR.)

M. André Chassaigne. Allez voir sur le terrain ce qui se passe !

M. Hervé Novelli, secrétaire d'État. Ces principes ont été rappelés fermement, dès ce matin, par le Premier ministre. Sans nul doute, ils guideront les propositions et les actions qui seront annoncées dans quelques jours par le Président de la République. Nous allons conforter notre filière automobile. Le Gouvernement ne laissera pas tomber cette filière ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. – Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)

Par LE LABO76 - Publié dans : Automobile
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Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /2009 17:17

Les Etats généraux de l'automobile ont lieu mardi 20 janvier. Nicolas SARKOZY doit annoncer de nouvelles mesures pour la filière à la fin du mois.

Il y a urgence à agir fort et juste. Le LABO76 a élaboré un contre-plan de soutien avec des propositions concrètes et réalisables pour relancer et repenser l'industrie automobile.

Nicolas SARKOZY doit prendre des engagements forts. Nous invitons tous les citoyens à signer une lettre ouverte au Président de la République, lui posant 8 questions précises sur ses engagements pour les salariés, les entreprises et les territoires touchés par la crise de l’automobile.

 

Pour signer la lettre, envoyez un email avec votre nom, prénom et localité à automobile@lelabo76.com.
(Voir la liste des premiers signataires)

 

 

M. Nicolas Sarkozy

Président de la République

Palais de l'Elysée

 

Monsieur le Président,

 

 

L’industrie automobile s’effondre dans le monde, en Europe, en France.

 

La Seine-Maritime est l’un des territoires les plus durement touchés. Habitants de ce Département, nous ne nous résignons pas à regarder les usines tomber.

 

Le Secrétaire d’Etat à l’Industrie vous remettra prochainement des propositions pour soutenir le secteur. Parce que nous sommes directement concernés par la crise, et parce qu’il y a urgence à agir fort et juste, nous vous demandons des réponses à huit questions précises :

 

1.                  Vous engagez-vous à augmenter la durée et le taux d’indemnisation du chômage partiel pendant la durée de la crise ? Si oui, à quelle hauteur ?

 

2.                  Pour soutenir le pouvoir d’achat des salariés français de l’automobile, pourquoi n’avez-vous pas mobilisé le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation, pourtant doté de 500 millions d’Euros par an et qui a permis à l’Espagne d’obtenir en 2008 plus de 10 millions d’Euros pour 1600 salariés d’un équipementier automobile et ses sous-traitants ? Quand comptez-vous y faire appel ?

 

3.                  Suspendrez-vous, au moins dans les entreprises dont l’Etat est actionnaire, le versement des dividendes tant que des salariés sont au chômage partiel ?

 

4.                  Quelle(s) mesure(s) prendrez-vous pour réduire les délais de paiement des constructeurs aux PME sous-traitants ?

 

5.                  Imposerez-vous que toute aide publique soit remboursée si une entreprise qui en bénéficie délocalise alors qu’elle génère des profits ?

 

6.                  Imposerez-vous que toute entreprise qui licencie alors qu’elle est rentable prenne à sa charge l’indemnisation de ses salariés ?

 

7.                  Instaurerez-vous un droit à la transparence pour les consommateurs afin qu’ils soient informés, pour chaque véhicule en vente, de la localisation de la production, de la performance environnementale et de l’origine, s’il y en a, des aides publiques ?

 

8.                  Les collectivités territoriales, notamment en Seine-Maritime, se sont rapidement mobilisées pour soutenir le tissu économique local. Quels engagements financiers concrets prendrez-vous pour les aider dans cette mission ?

 

Dans l’attente de votre réponse nous vous prions, Monsieur le Président, de croire à l'assurance de notre très haute considération.




Télécharger la lettre au format PDF.

Par LE LABO76 - Publié dans : Automobile
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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /2009 00:00
(Video: Automobile: le LABO76 au 19/20 de France 3 Hte-Normandie)
L
’industrie automobile s’effondre. La Seine-Maritime est durement touchée. Il y a urgence à agir fort et juste. Malheureusement, les mesures du plan Sarkozy sont insuffisantes et inadaptées.

 


Le gouvernement a oublié les salariés et l’urgence sociale.

Le gouvernement a oublié les PME.

Le gouvernement a oublié les collectivités territoriales, qui ont pourtant la connaissance fine du tissu économique local et se mobilisent pour le sauvegarder.

Le gouvernement a oublié d’investir massivement dans la recherche et l’innovation.

 

Face à la crise et aux manquements du gouvernement, nous ne nous résignons pas à ce que la Haute-Normandie connaisse le même destin industriel, économique et social que la Lorraine il y a 25 ans.

 

Le LABO76, laboratoire d’idées de la Fédération des socialistes de la Seine-Maritime, a élaboré son contre-plan de soutien à l’automobile. Fruit d’un dialogue avec des représentants des salariés, des constructeurs, des PME du secteur, il contient des mesures fortes, concrètes et réalisables pour répondre à l’urgence économique et sociale, mais aussi préparer l’avenir et jeter les bases de l’industrie automobile de demain. Nous proposons en particulier :


1-L’augmentation de la durée et du taux d’indemnisation du chômage partiel ;
 

2-La mobilisation rapide du Fonds européen d’aide aux salariés ;
 

3-La suspension du versement des dividendes aux actionnaires tant que des salariés sont au chômage partiel ;

4-La réduction des délais de paiement des constructeurs aux sous-traitants et la facilitation du crédit bancaire et de la trésorerie aux PME ;

5-L’application des principes ‘délocaliseur/payeur’ et ‘licencieur/payeur’ ;

6-Le droit à la transparence pour les consommateurs qui doivent être informés pour chaque véhicule de la localisation de la production, de la performance environnementale et de l’origine, s’il y en a, des aides publiques ;
 

7-Un appui massif de l’Etat aux collectivités territoriales pour soutenir le tissu économique local et financer la recherche et l’innovation.

Les propositions du LABO76 sont publiques et soumises au débat. Elles alimenteront l’élaboration du contre-plan national de relance que présentera le Parti Socialiste cette semaine.

Le LABO76 invite par ailleurs tous les citoyens à signer une lettre ouverte au Président de la République lui posant 8 questions précises sur ses engagements pour les salariés, les entreprises et les territoires touchés par la crise de l’automobile.

 

Par LE LABO76 - Publié dans : Automobile
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /2009 02:09

Article paru dans Filfax le 13 janvier 2009 (www.filfax.com)


La densité des praticiens est nettement inférieure à la moyenne nationale en Haute-Normandie. Le constat vaut surtout pour les spécialistes avec une répartition territoriale inégale au détriment de l’Eure de surcroît en forte progression démographique.

Les ratios sont éloquents : 99 généralistes contre 112, 61 spécialistes contre 88, 36 chirurgiens-dentistes pour 62, 78 infirmiers pour 111 et 48 kinésithérapeutes pour 81 en moyenne en France. Certaines pathologies sont particulièrement fréquentes en région. Les tumeurs représentent une surmortalité relative de 10% pour les femmes et de 20% pour les hommes.

La région est tout simplement la dernière pour le nombre de lits de psychiatrie adulte et de pédopsychiatrie dans un contexte social difficile où elle est la 5ème pour sa proportion de Rmistes.

 

 

*****************************
Voilà qui démontre l'importance du second thème sur lequel le LABO76 travaillera dès février : les inégalités de santé, en analysant notamment la réforme de l'hôpital annoncée en début d'année par N. Sarkozy.
Par LE LABO76 - Publié dans : Santé
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