Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /2009 22:53

Article publié dans Le Monde du 11 juin 2009

L’abstention massive à l’élection européenne du 7 juin révèle un paradoxe : alors que l’Union traverse la pire crise économique et sociale de son histoire, l’enjeu d’une réponse européenne à cette crise n’a guère passionné les foules. Pourtant la crise est toujours là, et la question demeure : que peut faire l’Europe ? Est-elle condamnée à regarder, bras ballants, passer les trains des délocalisations et des licenciements ? Quel est le niveau socialement utile, économiquement efficace et politiquement acceptable d’intervention de la puissance publique européenne ?

 

Paradoxalement, la réponse à cette question est peut-être à chercher dans le droit de la concurrence. Il n’y a pas d’arsenal législatif plus complet, d’action publique mieux outillée, de politique plus interventionniste que celle conduite en Europe au nom du désormais célèbre principe de « concurrence libre et non faussée ». Les autorités nationales et européennes de la concurrence peuvent infliger des amendes de plusieurs centaines de millions d’euros. Elles peuvent obliger une entreprise à se séparer de ses filiales. Elles peuvent mener des inspections sans préavis, confisquer des documents, poser des scellés. Elles peuvent empêcher des rapprochements stratégiques ou en favoriser d’autres.

 

Est-il souhaitable que l’Europe dispose de moyens aussi considérables pour appliquer un principe hautement contesté, et aussi faibles pour agir face aux licenciements ? Pourquoi la puissance publique devrait-elle s’excuser d’intervenir au nom des salariés, alors qu’elle le fait quasi-quotidiennement au nom de la concurrence ?

 

Une mesure simple pourrait être prise: que l’Europe se dote d’une législation, contraignante dans tous les Etats-membres, qui empêche les licenciements abusifs. Isolée, l’idée peut paraître irréaliste ; au prisme du droit de la concurrence, elle prend toute sa crédibilité.

 

De la même manière que le réseau des autorités nationales et européennes de la concurrence supervise les décisions industrielles des entreprises, l’Europe pourrait, si elle le souhaitait, se doter d’un réseau d’autorités de protection des salariés, disposant d’un véritable droit de regard sur les délocalisations et les licenciements sur son territoire.

 

De la même manière que les autorités de la concurrence disposent d’un pouvoir de sanction, les autorités de protection des salariés pourraient infliger des amendes quand des décisions sont contraires aux objectifs de progrès social, de croissance durable et de cohésion territoriale de l’Europe. Les entreprises qui procèdent à des licenciements alors qu'elles distribuent des dividendes pourraient être sanctionnées.

 

De la même manière que les fusions et acquisitions sont soumises à l’approbation des autorités de la concurrence qui jugent de leur pertinence économique, les décisions industrielles ayant un impact social important requerraient l’accord des autorités de protection des salariés au regard de la situation de l’entreprise, de sa politique de répartition des bénéfices et de ses perspectives. La coopération des autorités au sein du réseau garantirait que les décisions soient prises de manière collective, en évitant les dérives nationalistes.

 

De la même manière que les autorités de la concurrence peuvent conditionner leur accord à certaines décisions stratégiques (se séparer d’une filiale par exemple), l’accord des autorités de protection des salariés pourrait dépendre de la mise en œuvre de mesures sociales : plans de reclassement, augmentation des indemnités, développement de la formation professionnelle.

 

Les questions sociales et industrielles sont aussi incontestablement au cœur des préoccupations des citoyens européens qu’elles sont actuellement à la périphérie des politiques de l’Union. Pour peu que l’Europe se décide enfin à écouter ses peuples, le 7 juin peut marquer le début d’une nouvelle ère. Avec un zeste de courage politique et d’inventivité juridique, l’Union peut dire ‘stop’ aux licenciements abusifs. Paradoxalement, l’application d’un principe fondateur du libéralisme - la concurrence libre et non faussée - pourrait servir de modèle à un nouvel interventionnisme européen.

Nicolas Mayer-Rossignol est membre du LABO76.

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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /2009 09:46
Chaque jour jusqu'au 7 juin, le LABO76 vous présente une idée originale, concrète, réalisable, pour changer l'Europe en votant socialiste dimanche prochain.
Aujourd'hui, l'idée n°5: créer un stock européen de médicaments anti-grippe.

LABO76: Idée 5 Un stock européen de médicaments anti-grippe
envoyé par LABO76.

Vérifiez vous-mêmes que:
-en juin 2006, la Présidence autrichienne de l'Union européenne a clairement demandé aux ministres de la Santé européens (M. Bertrand à l'époque en France): voulez-vous un stock européen de médicaments antiviraux? (voir page 12/15 du document lié, malheureusement en anglais)
-à l'issue de cette réunion du Conseil, le sujet a purement et simplement été enterré au motif que "les aspects juridiques, techniques et financiers de cette question" doivent être étudiés. (voir page40/46 du document lié).
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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /2009 01:47
Chaque jour jusqu'au 7 juin, le LABO76 vous présente une idée originale, concrète, réalisable, pour changer l'Europe en votant socialiste dimanche prochain.
Aujourd'hui, l'idée n°4: autoriser le développement de médicaments issus de la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

Vérifiez vous-mêmes que la droite européenne a bien tenté, en avril 2007, d'interdire par une loi européenne tout médicament issu de la recherche sur les cellules souches embryonnaires.
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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /2009 01:40
Chaque jour jusqu'au 7 juin, le LABO76 vous présente une idée originale, concrète, réalisable, pour changer l'Europe en votant socialiste dimanche prochain.
Aujourd'hui, l'idée n°3: diminuer la durée maximale du temps de travail pour lutter contre le dumping social.

que c'est bien la Présidence Sarkozy de l'Union européenne qui a conclu l'accord (rejeté ensuite par les socialistes européens) autorisant le travail à 65h par semaine dans toute l'Europe.
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Mardi 2 juin 2009 2 02 /06 /2009 03:07
Chaque jour jusqu'au 7 juin, le LABO76 vous présente une idée originale, concrète, réalisable, pour changer l'Europe en votant socialiste dimanche prochain.
Aujourd'hui, l'idée n°2: un vrai congé de maternité et de paternité en Europe.


LABO76: Idée 2 - Un vrai congé de maternité et paternité
envoyé par LABO76.

Vérifiez vous-mêmes que la droite a refusé d'allonger le congé de maternité à 20 semaines et de créer un vrai congé de paternité.
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